
Les marchés provençaux, points d’ancrage du territoire
Les marchés occupent une place centrale dans la vie du Luberon. Ils ne servent pas uniquement à faire ses courses : ce sont des lieux de rencontre, de passage, parfois de retrouvailles, où se croisent habitants et visiteurs. Leur implantation hebdomadaire structure encore largement le quotidien des villages.
Le marché d’Apt, l’un des plus anciens de Provence, reste une référence. Chaque samedi matin, il s’étend dans la ville et propose une lecture assez complète du terroir local : fruits et légumes de saison, fromages de chèvre, charcuteries, miels, huiles d’olive, mais aussi savons, épices et produits transformés. D’autres marchés, plus modestes, comme ceux de Lourmarin ou de Ménerbes, offrent une atmosphère différente, souvent plus calme, propice à la flânerie.
Visiter plusieurs marchés au cours d’un séjour permet de mieux comprendre les variations locales : même produit, même saison, mais producteurs différents, accents différents, usages parfois distincts.
Produits et spécialités : une cuisine de saison avant tout
La gastronomie du Luberon repose avant tout sur la simplicité et le respect du produit. Les recettes traditionnelles sont souvent liées à la disponibilité saisonnière, à la conservation et à une cuisine du quotidien plus qu’à une tradition figée.
Selon la période, les étals mettent en avant courgettes, tomates, aubergines, herbes aromatiques, cerises, melons ou raisins. L’huile d’olive, omniprésente, structure une grande partie de la cuisine locale, tout comme l’ail, le thym ou le romarin. Les fromages de chèvre, frais ou affinés, occupent également une place importante, souvent produits à petite échelle.
Goûter le Luberon passe aussi par des choses simples : un pain acheté le matin, un fromage choisi au marché, quelques légumes cuisinés sans complication. Cette approche rejoint l’esprit du séjour dans le parc : composer avec ce que l’on trouve, plutôt que rechercher à tout prix un plat emblématique.
Vins du Luberon : une identité en évolution
Le vignoble du Luberon s’étend sur les piémonts et les vallées du parc, entre influences alpines et méditerranéennes. Cette situation géographique particulière explique en grande partie la diversité des profils que l’on retrouve dans les vins. L’AOP Luberon encadre aujourd’hui la majorité de la production et contribue à une meilleure lisibilité du territoire, tout en laissant aux vignerons une réelle liberté d’interprétation.
Longtemps restés en retrait face à d’autres appellations provençales plus médiatisées, les vins du Luberon ont progressivement gagné en reconnaissance. Cette évolution tient autant au travail mené sur les cépages et les assemblages qu’à une attention accrue portée aux pratiques culturales, souvent tournées vers l’agriculture biologique ou raisonnée. Rouges, rosés et blancs coexistent, avec une dominante de vins équilibrés, pensés pour la table et en lien direct avec la cuisine locale.
Plusieurs domaines participent activement à cette dynamique. Le Domaine de la Citadelle, installé à Ménerbes, figure parmi les références historiques, avec des cuvées régulièrement distinguées et un engagement ancien en faveur d’une viticulture respectueuse des sols. Plus au sud, le Château de Sannes illustre une autre approche, mêlant patrimoine bâti, œnotourisme mesuré et vins à la signature précise. Le Mas des Infermières, lié à la famille Perrin, contribue également à la visibilité du vignoble grâce à des cuvées régulières et accessibles.
De nombreux domaines ouvrent leurs portes aux visiteurs, souvent sur rendez-vous, et proposent des dégustations dans un cadre simple, sans scénographie excessive. Ces visites permettent de mieux comprendre le lien étroit entre paysages, conditions climatiques et choix de vinification. Prendre le temps d’en découvrir un ou deux au cours du séjour ajoute une dimension agricole et humaine à l’exploration du territoire.
Comme pour la gastronomie ou les marchés, le vin s’inscrit ici dans une approche globale du séjour. Il ne s’agit pas d’accumuler les dégustations, mais de replacer le verre dans son contexte : celui d’un paysage, d’un repas partagé et d’un rythme de découverte cohérent avec l’esprit du Luberon.
Où bien manger : une approche éditoriale plutôt qu’une liste
Bien manger dans le Luberon ne se résume pas à une sélection d’adresses. L’intérêt réside davantage dans une manière de choisir : observer les menus, privilégier les produits de saison, écouter les recommandations locales.
Certaines tables travaillent en lien direct avec les producteurs environnants, adaptant leur carte au fil des arrivages. D’autres proposent une cuisine plus simple, mais cohérente avec le territoire. L’expérience peut être tout aussi convaincante dans une auberge de village que dans une table plus établie, à condition d’accepter une cuisine ancrée dans son contexte.
Pour prolonger cette approche, il est souvent pertinent de combiner repas au restaurant et cuisine sur place, à partir de produits achetés au marché. Cette alternance permet d’explorer différentes facettes de la gastronomie locale, sans en faire un objet de consommation systématique.
Une expérience qui s’inscrit dans le séjour
Gastronomie, marchés et vins s’intègrent naturellement dans l’organisation du séjour. Ils dialoguent avec les balades, les visites de villages et les temps de pause. Une matinée au marché peut précéder une randonnée, un déjeuner simple peut s’étirer en fin d’après-midi, un verre de vin peut conclure une journée passée à parcourir le territoire.
Dans cette logique, la découverte culinaire du Luberon n’est pas un objectif isolé, mais une composante du séjour, au même titre que les paysages ou les villages perchés évoqués dans notre guide pour visiter le Luberon.
C’est souvent cette cohérence d’ensemble, discrète mais durable, qui donne envie de revenir.