
1) Faire la bise… trois fois
Dans le Luberon, la bise n’est jamais un détail. Ici, on se fait généralement trois bises, là où d’autres territoires voisins se limitent à deux. Cette différence, bien connue des habitants, est souvent perçue comme un marqueur culturel à part entière.
Dans les discussions autour de l’identité du pays d’Arles, plus tourné vers Avignon et Nîmes que vers Marseille, le nombre de bises revient régulièrement. Là où Marseille pratique majoritairement deux bises, le Luberon et une grande partie du Vaucluse restent fidèles aux trois. Une habitude qui peut surprendre les visiteurs et créer de petits moments de flottement, notamment lorsqu’on s’arrête trop tôt.
En pratique, la règle est simple. C’est souvent le lieu où l’on se trouve qui détermine le nombre de bises. Quant à l’origine de cette tradition, elle serait liée à l’histoire religieuse de la région. Le sud-est de la France, marqué par le protestantisme au XVIIe siècle, aurait conservé les trois bises en référence à la Trinité. Une hypothèse avancée par des linguistes, sans certitude historique absolue, mais qui éclaire les usages actuels.
Dans le Luberon, ces trois bises restent avant tout un geste naturel et chaleureux, fidèle à une culture de la proximité et du lien.
2) Les expressions locales qui reviennent souvent
Même si le provençal n’est plus vraiment parlé au quotidien, il reste très présent dans le langage à travers certaines expressions. Elles sont utilisées naturellement, parfois sans que les habitants y prêtent attention.
Parmi les plus connues, “fada” ou “fadade”. Le mot sert à qualifier quelqu’un d’un peu fou, original ou imprévisible. Il est rarement méchant. Au contraire, il est souvent teinté d’affection ou d’amusement.
On peut aussi entendre “càcou”, pour désigner un jeune un peu frimeur, quelqu’un qui en fait trop. Là encore, le ton est généralement léger, presque taquin.
Autre terme courant : “emboucaner”, utilisé pour dire qu’une odeur dérange ou que quelque chose sent mauvais. Une expression imagée, très parlante, qui fait sourire autant qu’elle décrit la situation.
Ces mots donnent une vraie couleur locale aux conversations et font partie de l’identité du territoire.
3) Dire bonjour, une évidence
Dans le Luberon, dire bonjour n’est pas une option. On salue en entrant dans un commerce, en croisant quelqu’un dans une ruelle ou sur un chemin. Même un simple signe de tête compte. Ne pas le faire peut être perçu comme de la distance, même si personne ne vous fera de remarque.
Ce bonjour est souvent suivi de quelques mots. On prend des nouvelles, on commente la météo, on échange rapidement. Ces micro-conversations font partie du quotidien et participent à cette impression de village vivant, même quand il y a du monde.
4) Un rapport au temps plus souple
Le temps ne s’écoule pas de la même manière dans le Luberon. Les horaires sont plus flexibles, les rendez-vous parfois approximatifs. Une discussion imprévue sur la place du village peut facilement retarder la suite de la journée, sans que cela soit vécu comme un problème.
Ce rapport détendu au temps fait partie de l’art de vivre local. On privilégie l’échange, le moment présent, plutôt que la précision absolue. Pour ceux qui arrivent de grandes villes, il faut parfois un temps d’adaptation. Mais beaucoup finissent par y trouver une forme de liberté.
5) Le marché et l’apéritif, deux moments clés
Dans le Luberon, le marché est bien plus qu’un lieu où l’on fait ses courses. C’est un point de rencontre. On y croise des connaissances, on discute avec les producteurs, on échange des nouvelles du village. Le marché rythme la semaine et structure la vie locale.
L’apéritif joue un rôle tout aussi important. Souvent improvisé, rarement formel, il réunit voisins, amis ou connaissances autour d’un verre et de quelques produits simples. Ces moments partagés comptent beaucoup. Ils permettent de créer du lien et de s’intégrer naturellement, sans effort.